La gravure : un art à découvrir - Les artéfacts sont prêts (enfin, presque)

Esquisses au crayon d’images qui auraient pu orner des billets de banque

Pendant la période de planification d’une exposition itinérante, dire que nous mettons la « touche finale » à un élément relève généralement du vœu pieux. En effet, les composantes d’une exposition doivent constamment être modifiées, pour différentes raisons et par de multiples intervenants. Ainsi, fidèles au proverbe, nous nous gardons bien de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Bien souvent, nous attendons que l’exposition soit démontée pour de bon, au retour de son périple, avant de crier victoire. Tout cela pour dire qu’en définitive, nous faisons usage du mot « définitif » avec beaucoup de circonspection.

Dans tous les musées, les responsables des collections, aussi passionnés soient-ils quand ils racontent les histoires associées aux trésors de leur chambre forte, ont comme premier rôle de conserver les objets dans le meilleur état possible. L’équipe responsable des expositions, bien qu’elle comprenne et respecte ce mandat, poursuit un objectif fort différent : celui de montrer les artéfacts au grand public. Il en découle des conflits typiques que tous les musées connaissent bien, et qui ne sont pas sans rappeler les chamailleries des frères et sœurs qui veulent tous s’asseoir sur le siège avant de l’auto familiale. Cela complique sensiblement les choses quand vient le temps de choisir des artéfacts pour une exposition.

Les expositions itinérantes, encore plus que les expositions permanentes, sont soumises à toutes sortes de variations de température, d’humidité et d’éclairage. Sans compter les risques de pertes et de bris, et les « catastrophes naturelles » (les petits garçons de dix ans, par exemple). Dans ce contexte, la sélection d’artéfacts finit par ressembler aux négociations qui ont lieu lors des prises d’otages. On commence par se demander : « Quels objets illustreraient le mieux l’histoire que nous cherchons à raconter? », puis : « Quels sont les objets de notre collection qui nous permettraient de le faire? ». Viennent ensuite les préoccupations : « Lesquels d’entre eux sont en état de voyager et d’être exposés? » Et c’est là que les choses se corsent : « Je te propose quatre mois à 75 lux et à un taux d’humidité de 60 %. » « Que dirais-tu plutôt de six mois à 50 lux, à 55 % d’humidité? » « Ça peut aller, mais j’exige un boîtier scellé! » « Oui, mais examinons d’abord notre budget… » Bon, d’accord, ça ne se passe pas exactement comme ça, mais vous voyez le genre. La bonne nouvelle, c’est qu’à la fin de ces discussions, on trouve toujours le moyen de présenter une belle variété d’objets, tout aussi magnifiques que fascinants. L’exposition que nous préparons actuellement saura vous le prouver.

Cette exposition nous demande d’être encore plus méticuleux qu’à l’habitude, car elle circulera pendant plusieurs années. En cours de route, certains artéfacts devront rentrer à la maison pour prendre un peu de repos. Qui sait où ils se trouveront à ce moment-là? À Rimouski ou à Prince Albert, peut-être! Pour éviter de présenter une histoire incomplète aux visiteurs, nous avons prévu des reproductions (signalées comme telles) pour remplacer les objets originaux. D’ailleurs, chacun d’entre eux dispose de son propre petit boîtier : ils ne seront donc pas manipulés directement. Les risques d’endommagement sont ainsi réduits au minimum et tout le monde est heureux.

Verso d’un billet de 2 $ partiellement imprimé

Ces jours-ci, nous continuons de planifier notre exposition La gravure : un art à découvrir, et tout va pour le mieux. Nous avons même mis la touche finale aux artéfacts qui enjolivent le présent billet (mais, euh, finalement, ils ne sont peut-être pas encore tout à fait prêts, je vous reviens là-dessus).

La prochaine fois, nous parlerons des timbres postaux, qui constituent environ la moitié des artéfacts de l’exposition.