Vous manquez d’argent? Imprimez le vôtre!

Freren, Germany notgeld entitled “The Hamster Dream” is social satire at its best

La monnaie de nécessité appelée notgeld en allemand a fait son apparition au début de la Première Guerre mondiale et a été émise jusqu’en 1924. Ces billets illustrent dans sa totalité la période d’inflation galopante qu’a connue l’Allemagne dans l’entre-deux-guerres.

Devant la hausse de l’activité causée par la guerre, l’État allemand n’arrivait pas à suivre la demande accrue de petite monnaie. Les villes se sont alors mises à imprimer leurs propres formes de monnaie, non officielle, en complément de l’argent émis par l’État. Même si la majorité de ces billets étaient imprimés sur du papier, on utilisait aussi divers autres supports, comme de la céramique, du bois, du tissu, des feuilles de métal, du carton et du cuir. Le recto de ces billets arbore différents thèmes, allant du folklore romantique à la satire sociale la plus grotesque. Certaines des images sont un peu particulières, voire très bizarres, mais les illustrations de personnages, d’édifices et de scènes historiques dressent un portrait culturel évocateur de l’Allemagne de cette période.

En 1967, la Banque a eu la chance de pouvoir ajouter à la Collection nationale de monnaies une vaste collection de billets de nécessité provenant de l’Allemagne et d’autres pays européens. Celle-ci comptait 15 567 billets allemands,  3 901 autrichiens et quelques-uns émis par la Hongrie, la Belgique et la Pologne. À l’époque, les billets de cette collection avaient été enregistrés et numérotés par lots, selon leur pays d’origine. Dans le cadre de la numérisation et de la mise à jour de la base de données de la Collection nationale de monnaies, les responsables de la conservation doivent attribuer un numéro à chaque billet, puis numériser et évaluer ce dernier pour actualiser l’information qui s’y rattache.

Le projet consiste à reloger soigneusement chaque billet en papier dans un papier de soie à réserve alcaline, sans acide et sans lignine. Il faut aussi lui attribuer un nouveau numéro d’acquisition individuel. Les billets sont conservés dans leur album original pour préserver l’intégrité de la collection. Nos dossiers indiquent que celle-ci provient de la succession d’un bourgmestre (Bürgermeister, l’équivalent de nos maires) qui a collectionné de la monnaie de nécessité de la Première Guerre mondiale jusqu’au début des années 1930.

Dans le cadre de ce projet, qui dure depuis quelque temps déjà, près de 7 000 billets ont été relogés, numérotés et numérisés. D’autres projets seront mis en branle pour trouver une façon appropriée de conserver les billets qui ne sont pas en papier, mais aussi pour élaborer une stratégie de conservation adaptée à certains billets endommagés et fragiles.

Voilà l’un des nombreux projets entrepris par l’Équipe responsable de la Collection.