Aujourd’hui, Ottawa est la capitale nationale. Mais quand la ville a été fondée, en 1826, elle portait un autre nom : Bytown.
Avant de s’appeler Ottawa, puis de devenir la capitale du Canada, Bytown était une ville au bord d’un canal et un centre important pour le commerce du bois, dont le quartier commercial était en pleine croissance. Comme beaucoup d’autres villes d’Amérique du Nord britannique, Bytown avait du mal à trouver des fonds pour financer ses grands projets, à rémunérer ses travailleurs et à fournir à ses résidents de l’argent pour leurs dépenses quotidiennes. Pour remédier à ces lacunes, les commerçants et les résidents ont utilisé des pièces de monnaie étrangères, des lettres de change, des bons de marchand et des billets de banque jusqu’à l’entrée en vigueur, en 1857, des premières lois sur la monnaie de la province du Canada.
La rivière des Outaouais : quand l’eau façonne le paysage
L’histoire de Bytown commence bien avant sa fondation en 1826. Et on ne peut pas la raconter sans parler de la rivière des Outaouais. Depuis des temps immémoriaux, les Premières Nations vivent le long de la rivière et l’utilisent pour se déplacer, faire du commerce et conclure des traités. Au milieu du 17e siècle, les Européens ont commencé à l’emprunter pour faire la traite de fourrures et établir de nouvelles colonies. Les eaux, les chutes et les rapides de la rivière des Outaouais ont façonné les endroits où les communautés se sont établies et où les industries se sont développées, et ont déterminé la manière dont les gens se déplaçaient dans la région.
Aujourd’hui, cette rivière est une frontière naturelle entre le Québec et l’Ontario. Mais pour les gens qui vivent d’un côté comme de l’autre, elle est depuis longtemps une source de prospérité, quelles que soient les frontières politiques. Le véritable défi pour les voyageurs et les colons résidait dans les obstacles naturels de la rivière, notamment les chutes et les rapides créés par les dénivelés plus à l’intérieur des terres. L’obstacle le plus notable était les chutes des Chaudières, ou la Chaudière. La Nation Anishinabe Algonquine avait plusieurs noms pour ces chutes, dont Akikodjiwan, qui signifie « chaudière », et Akikpautik, qui signifie « chutes des Chaudières ». Samuel de Champlain avait consigné dans ses registres le nom Asticou, que l’on croit être une transcription d’Akikok, qui signifie « chaudron ». Ces noms reflétaient tous la même réalité : les chutes rendaient impossible la navigation continue sur les 1 200 kilomètres de la rivière. Mais elles offraient un cadre naturel propice à l’essor de deux villes, situées de part et d’autre du cours d’eau : Bytown sur la rive sud et Wrightstown sur la rive nord.
Philemon Wright, fondateur de Hull
En 1800, Philemon Wright, un agriculteur américain originaire du Massachusetts, s’est établi sur la rive nord de la rivière des Outaouais, en face des chutes des Chaudières, avec sa famille, cinq autres familles et quelques dizaines de travailleurs. Ensemble, ils ont défriché des terres, établi des fermes et commencé à cultiver les terres pour nourrir la colonie, qui a été nommée Wrightstown. Après quelques années seulement, la ville comptait des moulins, des petits commerces, une brasserie et un hôtel. Wrightstown est ensuite devenue Hull, qui a été incorporée en 1875. Puis, en 2002, la ville a été fusionnée avec d’autres municipalités pour former la ville de Gatineau, au Québec.
Wright a contribué à l’essor de l’industrie du bois de sciage dans la région. En 1806, il est devenu la première personne à faire descendre un train de bois, le Columbo, sur la rivière des Outaouais jusqu’à Montréal, puis sur le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Québec. Pendant des années, la jeune communauté de Wrightstown a subsisté grâce aux ressources alimentaires et forestières locales, tandis que de nombreux produits essentiels, tels que des outils, des vêtements et des produits non périssables importés, lui parvenaient par la rivière depuis Montréal et Halifax, et même depuis des endroits aussi éloignés que New York, Boston et Londres.
Un petit ensemble de pièces de la Collection nationale de monnaies, qui est entreposé au Musée de la Banque du Canada, montre la diversité de la monnaie qui circulaient à Wrightstown. En 1965, le major Sheldon Carroll, le conservateur de la Collection, a rencontré un collectionneur d’Ottawa qui possédait des pièces tout à fait remarquables : il s’agissait de pièces d’argent américaines, espagnoles et des colonies espagnoles qui avaient circulé à Wrightstown. Ce qui les rendait uniques, c’est qu’elles portaient des contremarques composées d’initiales, qui étaient celles de Wright, de son épouse Abigail et de leurs six enfants : Christopher Columbus, Philemon Jr., Ruggles, Tiberius, Christiana Hanna et Abigail. Carroll a acheté les pièces pour le Musée, où elles se trouvent encore aujourd’hui.

Philemon Wright utilisait les pièces d’argent qui circulaient à Wrightstown afin de fabriquer des souvenirs pour lui et sa famille. Sur la pièce qu’on voit ici, il a fait poinçonner ses initiales (P.W.), son titre (ESQ., pour Esquire, ou Monsieur en français), ainsi que son âge (59 ans), au revers d’une pièce hispano-américaine de 8 réaux frappée en 1804 à Mexico (atelier monétaire Mo).
Source : Espagne, Charles IV, pièce de 8 réaux contremarquée, atelier monétaire de Mexico, 1804 | 1965.49.3
Le canal Rideau : une voie vers le Lac Ontario
La colonie établie sur la rive sud de la rivière des Outaouais, entre la rivière Rideau et la barrière naturelle des chutes des Chaudières, a une tout autre histoire. Celle-ci implique la recherche d’une voie stratégique, tant du point de vue militaire que commercial, entre Montréal et le lac Ontario, qui est à l’abri de la menace d’hostilités américaines le long du fleuve Saint-Laurent.
En 1826, les autorités coloniales britanniques ont chargé le colonel John By, des Royal Engineers (le Corps royal du génie britannique) de construire un canal reliant la rivière des Outaouais à la ville de Kingston, située au bord du lac Ontario. Après des mois à arpenter le territoire et à tracer le parcours, les travaux ont commencé. Les ouvriers ont alors creusé des canaux entre des plans d’eau naturels et construit des écluses pour relier les voies navigables. Le canal Rideau a été achevé en 1832.
Pour mener à bien ce projet, le colonel By a fait appel à des personnes expérimentées et innovantes, dont Thomas McKay et John Redpath. Tous deux ont joué un rôle crucial dans la construction du canal Rideau. John Redpath avait déjà participé à la construction du canal de Lachine, à l’ouest de Montréal, en 1821. Thomas McKay, lui, a par la suite construit le premier pont traversant les chutes des Chaudières vers Wrightstown. En 1834, il a aussi fondé la ville de New Edinburgh, qui est aujourd’hui un quartier d’Ottawa.

Cette peinture réalisée en 1845 par Thomas Burrowes, qui a participé à l’arpentage des terres pour la construction du canal Rideau, montre une vue du quartier de la Basse-Ville, à Bytown. Au centre de l’œuvre se trouve le pont des Sapeurs, qui enjambe le canal Rideau à l’entrée du réseau d’écluses menant à la rivière des Outaouais.
Source : Wikimedia Commons, Archives publiques de l’Ontario, C 1-0-0-0-11
Quand Bytown n’avait pas encore de banques
En plus de ses fonctions d’ingénieur, le colonel By supervisait le bureau local de l’intendance, où l’argent et les fournitures étaient entreposés et distribués aux ouvriers qui construisaient le canal. Construit en 1827, le Bâtiment de l’intendance se trouve encore aujourd’hui à côté des écluses les plus au nord, où il abrite le Musée Bytown. Les ouvriers du canal étaient généralement payés en pièces d’un demi-dollar américain, ce qui correspondait au salaire quotidien de 2 shillings et 6 pence, soit 50 cents.
Tous les ouvriers du canal étaient payés en demi-dollars américains. L’intendance leur remettait ces pièces, après les avoir fait venir en caisses depuis Montréal. Il était assez curieux de voir les ouvriers se faufiler à travers les bois avec leurs sacs de dollars sur le dos. Les pauvres! Les difficultés qu’avait le gouvernement à verser les salaires en argent comptant ont plongé plusieurs d’entre eux dans une grande détresse.
– John Mactaggart. Three Years in Canada: An Account of the Actual State of the Country in 1826-7-8. Volume 1. Londres : 1829.

Les ouvriers canadiens-français et irlandais qui ont construit le canal Rideau étaient payés avec des demi-dollars américains comme celui-ci. Mais d’autres pièces circulaient aussi à Bytown et étaient sans aucun doute utilisées comme monnaie.
Source : États-Unis d’Amérique, Hôtel de la Monnaie des États-Unis, pièce d’un demi-dollar, 1826 | 1974.151.7559
Jusqu’à la fin des années 1850, les pièces d’or et d’argent importées de différentes régions du monde servaient de monnaie en Amérique du Nord britannique, car les colonies n’étaient généralement pas autorisées à frapper leurs propres pièces. Le Haut-Canada et le Bas-Canada avaient chacun leur propre système pour établir la valeur de ces pièces étrangères, et espéraient garder celles-ci en circulation afin d’éviter toute pénurie. Mais ces pièces étaient rares et les commerçants utilisaient souvent des lettres de change et des chèques pour effectuer des paiements. Pour les achats de tous les jours, la plupart des travailleurs et leurs familles se servaient de jetons bancaires officieux en cuivre, de jetons commerciaux désuets et douteux, ainsi que de toute pièce officielle des États-Unis ou du Royaume-Uni qu’ils pouvaient trouver. C’était aussi comme ça à Bytown : son économie reposait sur des pièces étrangères, des bons de marchand (du papier-monnaie privé émis par des commerçants) et des jetons de cuivre.
Avec le temps, l’essor des banques à charte et l’adoption de nouvelles lois sur la monnaie ont contribué à stabiliser le système monétaire. En 1858, la Province du Canada a adopté une monnaie commune.

Les lettres de change étaient très pratiques et couramment utilisées pour effectuer des paiements. Celle-ci a été émise au « canal Rideau » le 18 mars 1831. Elle ordonnait à messieurs Greenwood & Co., agents des Royal Engineers, de verser 100 livres sterling à J.D. Bernard après un délai de 30 jours. Elle a été signée par le capitaine P. Yule des Royal Engineers.
Source : Bytown, Haut-Canada, capitaine P. Yule, Royal Engineers, lettre de change de 100 livres sterling, 1831 | 1973.73.28

En plus de ses fonctions de magistrat et de maître de poste de Bytown, George W. Baker participait à divers projets commerciaux et d’affaires. On ne sait pas exactement pourquoi il a émis des bons de marchand en 1838, mais cela pourrait être lié à la panique financière de 1837, quand les banques ont cessé de rembourser leurs billets en pièces d’or et d’argent. En réaction à cette situation, certains marchands ont commencé à émettre des bons pour rendre de la petite monnaie, qui étaient payables en billets de banque.
Source : Bytown, Haut-Canada, George W. Baker, bon de marchand de 3 pence, 1838 | 1976.166.16

William Stewart, un homme politique et marchand de bois d’origine écossaise, s’est installé à Bytown en 1827. Il exploitait ses propres camps de bûcherons dans le cours supérieur de la rivière des Outaouais et ses affluents. Bien que tous les exemplaires connus de ses bons soient non émis et non signés, on croit que Stewart utilisait ces billets pour payer ses travailleurs.
Source : Bytown, Haut-Canada, William Stewart, bon de marchand de 6 pence, 1838 | 1977.38.4
Les banques arrivent à Bytown
Dans les colonies, quand de nouvelles entreprises ou de grands projets de construction voyaient le jour, les banques suivaient souvent de près pour offrir des services financiers. Pourtant, les banques commerciales ont mis plusieurs années avant de s’installer à Bytown en raison d’une loi adoptée en 1824 (4 Geo IV, c.13, 1824–document en anglais), qui empêchait les banques de l’extérieur de la province d’exercer leurs activités dans le Haut-Canada à moins qu’elles n’y remboursent leurs billets.
Dans les années qui ont précédé l’adoption de cette loi, des banques comme la Banque de Montréal (qui s’appelait Montreal Bank avant 1821) et la Bank of Canada – une banque privée montréalaise, et non la banque centrale actuelle du Canada – acceptaient des dépôts de pièces d’or et d’argent dans leurs succursales et agences du Haut-Canada. Mais ces pièces étaient envoyées à leurs sièges sociaux de Montréal, qui étaient les seuls endroits où des billets pouvaient être remboursés contre des pièces. La loi de 1824 visait à empêcher cette sortie d’or et d’argent de la province. Elle a forcé les banques à fermer leurs succursales du Haut-Canada la même année. Fondée deux ans plus tard, en 1826, Bytown a donc dû attendre avant qu’une banque commerciale s’installe sur son territoire.
Après l’union du Bas-Canada et du Haut-Canada, en 1841, la loi a été abrogée et les banques montréalaises ont pu ouvrir des succursales à Bytown. La première à le faire a été la Banque de Montréal, qui a ouvert un bureau dans le quartier de la Basse-Ville en 1842. Son premier agent était James Stevenson fils. À cette époque, les activités bancaires étaient une affaire de famille : James Stevenson père représentait deux banques concurrentes, la Commercial Bank of Canada et la People’s Bank of Ottawa, tout en occupant le poste d’agent forestier de la Couronne à Bytown de 1839 à 1851. En 1846, une autre succursale de la Banque de Montréal ouvre ses portes sur la rue Wellington dans le quartier de la Haute-Ville, qui était plus commerçant et plus aisé. Avec le temps, d’autres banques – comme la Bank of British North America, la Quebec Bank, la Banque du Haut-Canada et la Commercial Bank of the Midland District – ont ouvert à leur tour des bureaux et des succursales à Bytown.

Voici le plus ancien billet lié à Bytown émis par la Banque de Montréal. Celle-ci a ouvert un bureau à Bytown en 1842, puis sa première succursale en 1846, au 202, rue Wellington, près d’où se trouve aujourd’hui la Banque du Canada.
Source : Canada, Bank of Montreal, billet de 5 dollars, surcharge « Bytown », 1849 | 1973.112.36

La Bank of British North America a été fondée en 1836 à Londres, en Angleterre, et exploitait des succursales partout dans ce qui est aujourd’hui le Canada, de St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador) à Victoria (Colombie-Britannique). Son agence à Bytown a offert des services bancaires de base – comme les dépôts et l’émission de billets – jusqu’en 1856, année où la succursale d’Ottawa a ouvert ses portes et a commencé à offrir des services élargis, comme des prêts et des lettres de change.
Source : Canada, Bank of British North America, 4 dollars, épreuve recto, agence de Bytown, 1847 | 2023.31.114
La concurrence entre les banques à Ottawa s’est intensifiée après l’incorporation de la ville en 1855 et sa désignation comme capitale de la Province du Canada en 1857. Mais la ville a dû attendre près de dix ans après la Confédération avant de voir naître sa seule et unique banque locale. Cette situation contrastait fortement avec celle de grandes villes comme Montréal, Toronto, Québec et Kingston, ainsi qu’avec celle de villes de plus petite taille comme Sherbrooke et Niagara, qui comptaient chacune plusieurs banques dès le début ou le milieu des années 1800.
La Banque d’Ottawa a été fondée en 1874. On la surnommait la « banque des bûcherons » parce qu’elle avait pour mission de financer l’industrie du bois de sciage. Ce surnom lui allait aussi pour une autre raison : deux de ses fondateurs, George Bryson et James McLaren, étaient des figures majeures de l’industrie du bois de sciage de la région. Dès ses débuts, la banque a connu du succès et pris rapidement de l’expansion. À son apogée, après la Première Guerre mondiale, la banque comptait 95 succursales au Québec, en Ontario et au Manitoba. Mais en 1919, dans un contexte de consolidation du secteur bancaire canadien, la Banque d’Ottawa fusionne avec la Banque de Nouvelle-Écosse, et ses 95 succursales sont intégrées à cette dernière. Aujourd’hui, les billets de banque qu’elle a émis pendant ses 45 années d’existence comptent parmi les rares objets qui témoignent encore de son histoire.

Établie à Toronto, la Banque du Haut-Canada a ouvert une succursale à Bytown en 1847, probablement pour faire concurrence à la Banque de Montréal. Ses premiers billets ont plus tard été marqués du mot « Ottawa » en surcharge, après l’incorporation de la ville en 1855. La Banque du Haut-Canada a fait faillite en 1866, laissant des billets comme celui-ci comme témoins de son histoire.
Source : Canada, Banque du Haut-Canada, billet de 1 dollar, 1861 | 1964.88.26

La Banque d’Ottawa était surnommée la « banque des bûcherons » parce que deux de ses fondateurs, George Bryson et James McLaren, étaient des figures importantes de l’industrie du bois de sciage locale. Les portraits des deux hommes figurent sur ce billet, émis la même année que l’ouverture de la banque.
Source : Canada, Banque d’Ottawa, billet de 4 dollars, 1874 | 1965.136.6748
Bytown devient Ottawa et capitale
Le rôle important de Bytown dans l’industrie du bois de sciage a attiré de nouveaux habitants et favorisé sa croissance rapide. Entre 1841 et 1871, la population de la ville a été septuplée, passant d’environ 3 000 à quelque 21 000 habitants. C’est durant cette période, en 1855, que Bytown a été constituée en ville et renommée Ottawa, d’après le mot anishinaabemowin adàwe, qui signifie « commercer ». Ce nom rendait aussi hommage à la rivière des Outaouais – importante pour les communautés autochtones et essentielle au commerce du bois.
Ce changement de nom a aidé la ville à se défaire de son image de rude point frontalier, alors qu’elle cherchait à devenir la capitale nationale. Entre 1841 et 1867, la capitale de la province du Canada a changé six fois. Les raisons de ces changements allaient de désaccords politiques à des conflits internationaux en passant par des épisodes de violence, notamment lorsque des émeutiers ont incendié les édifices du Parlement à Montréal en 1849. Pour mettre fin à cette instabilité, on a demandé à la reine Victoria, en 1857, de choisir une capitale permanente. Elle a choisi Ottawa. Cette décision a toutefois suscité une controverse politique, et il a fallu un vote serré à l’Assemblée législative en 1858 pour confirmer ce choix.
La construction des nouveaux édifices du Parlement à Ottawa a commencé en 1859 sur la Colline des Casernes, qui surplombe l’entrée du canal Rideau. Les édifices de l’Est et de l’Ouest ont été achevés en 1865, tandis que l’édifice du Centre a été terminé en 1876. Après la proclamation de la Confédération, en 1867, ces bâtiments ont accueilli le Parlement du Canada. En 1916, un incendie dévastateur a détruit l’édifice du Centre original. Le bâtiment a été reconstruit et la tour de la Paix a été ajoutée dans le cadre du projet. Aujourd’hui, les édifices du Parlement sont des symboles de la démocratie canadienne et de notre capitale prospère et cosmopolite qui s’appelait jadis Bytown.
Le méli-mélo de monnaies qui circulaient à Bytown ressemblait à ce qu’on retrouvait dans les villes du Haut-Canada et des autres colonies britanniques. À la fin des années 1820, des pièces de monnaie étrangères, des bons privés de marchands et des jetons de cuivre circulaient à Bytown, alors que la construction du canal Rideau attirait de nouvelles entreprises dans la région. L’activité commerciale a augmenté à mesure que l’industrie du bois de sciage a pris de l’expansion, soutenue par de nouvelles banques. Dans les années 1850, de nouvelles lois sur la monnaie ont contribué à stabiliser le système monétaire et à soutenir une économie en pleine croissance. Ce n’est peut-être pas un hasard si, pendant que les lois monétaires permettaient de mettre de l’ordre dans les finances de la province, Ottawa travaillait aussi à transformer son image pour devenir la capitale du Canada.
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