L'inflation fait beaucoup parler d'elle. Mais avez vous déjà entendu parler de de réduflation, d’abordaflation, ou même de stagflation? La liste est longue, mais je suis là pour vous aider à démêler tout ça. L'inflation. Pas de surprise; on commence avec l'inflation. C'est le rythme auquel les prix augmentent sur un an. Notre travail, c'est de la garder autour de 2 % et on utilise le taux directeur pour y parvenir. Quand l'inflation est basse, stable et prévisible, c'est plus facile pour vous et pour les entreprises de faire des projets pour l'avenir. La désinflation. La désinflation, c’est quand l’inflation ralentit. Mais attention : ça ne veut pas dire que les prix baissent – simplement qu’ils montent moins vite. C’est ce qu’on vise quand l’inflation est trop élevée. On ajuste alors le taux directeur pour la ramener à 2 %. La déflation. La déflation, c'est quand il y a une baisse durable des prix de toutes sortes de biens et services. On se retrouve alors avec un taux d'inflation négatif. On pourrait penser que c'est une bonne chose, mais c'est souvent un signe que l'économie va mal. Quand les prix sont en baisse, les gens ont tendance à repousser leurs gros achats dans l'attente d'un meilleur prix. Cela peut créer un cercle vicieux : La demande diminue, des gens perdent leur emploi et l'économie s'affaiblit. L’abordaflation. Quand les prix des marques abordables augmentent plus vite que ceux des grandes marques, c’est ce qu’on appelle l’abordaflation. Avez-vous remarqué qu'à l'épicerie ou à la pharmacie, le prix des marques maisons s'est rapproché de celui des grandes marques ? L’abordaflation touche particulièrement les ménages à plus faible revenu, parce qu’ils ont besoin de marques à petit prix pour arriver à joindre les deux bouts. La réduflation. Si votre sac de chips contient plus d'air et moins de chips qu'avant, mais qu'il vous coûte le même prix, c'est à cause de la réduflation. Ça veut dire qu'on réduit la quantité, la taille ou le poids d'un produit sans baisser le prix. Mais la différence n'est pas toujours évidente. Même si l'emballage, la taille et le prix de votre sac de chips sont comme avant, en fait, chaque chips vous revient plus cher. La stagflation. Lorsque l'activité économique est stagnante, que l'inflation est forte et que le chômage est élevé, on a affaire à la stagflation. Le Canada a vécu avec la flambée des prix du pétrole des années 1970 ; après avoir fait le plein, il ne restait plus beaucoup d'argent pour autre chose. L'économie a ralenti et le taux de chômage a frôlé les 10 %. Il a fallu une profonde récession et une période de taux d'intérêt élevés afin que l'économie remonte la pente. La stagflation met les banques centrales devant un dilemme : réduire le taux directeur pour stimuler l'économie ou l'augmenter pour faire baisser l'inflation. Mais on ne peut pas faire les deux en même temps. L'hyperinflation. L'hyperinflation est une hausse extrêmement rapide et incontrôlée des prix, qui peut dépasser 50 % par mois. Quand les prix montent aussi vite que ça, l'argent perd rapidement sa valeur. Pour contourner le problème, les gens se mettent à faire du troc et se dépêchent à échanger leur argent contre des monnaies étrangères plus stables. Ça s'est vu dans d'autres pays, mais encore jamais au Canada. La banque utilise le taux directeur pour garder l'inflation autour de la cible de 2 %. Et ça marche. À la Banque du Canada, notre objectif est de garder l'inflation à un niveau bas, stable et prévisible. On peut augmenter le taux directeur pour ralentir l'économie quand l'inflation est trop élevée et on peut le réduire pour stimuler l'économie quand l'inflation est trop faible. Garder l’inflation autour de 2 % est le meilleur moyen de contrer des phénomènes comme ceux dont on vient de parler, et les problèmes qui viennent avec.