Le Musée en pleine éclosion

tulipe rouge et blanc

Durant la tulipomanie, les tulipes les plus chères étaient celles infectées par le virus de la mosaïque, qui créait des variations de couleurs pareilles à des flammes. Wikimédia : Gottorfer Codex

Faire correspondre notre programmation aux activités qui se tiennent dans la région a été jusqu’ici une formule gagnante pour nous. Vu son emplacement, à un jet de pierre de la Cité parlementaire, le Musée se trouve au beau milieu de toutes sortes de festivals et d’événements ottaviens. Souvent, nous profitons simplement d’une augmentation de l’achalandage piétonnier. La région de la capitale nationale accueille plus de 60 festivals, célébrations et événements majeurs : s’il est parfois difficile de choisir avec lesquels harmoniser nos propres activités, nous n’hésitons jamais à jeter notre dévolu, chaque année, sur le Festival canadien des tulipes.

grande fleur en plastique

Notre graphiste a passé une journée dans son garage à peindre une grande tulipe en plastique. C’est la seule sorte de fleur que notre restauratrice a autorisée dans le Musée.

Un festival de fleurs? Quel rapport avec un musée consacré à l’économie? Je suis bien content que vous me posiez la question!

Au milieu du XVIe siècle, des tulipes en provenance de la Turquie sont introduites aux Pays-Bas : les Hollandais ont alors le coup de foudre pour cette fleur. Au début du XVIIe siècle, l’amour qu’ils lui portent tourne à l’obsession. Les prix demandés aux marchés de tulipes grimpent à des niveaux ridicules, et de plus en plus de personnes achètent des bulbes dans l’espoir de tirer profit de leur vente sur un marché en forte hausse. Il s’ensuit la création d’une bulle économique typique qui touche un sommet en 1637, année où un bulbe d’une variété recherchée pouvait se vendre au prix d’une belle maison d’Amsterdam. Évidemment, la bulle éclate et bon nombre de spéculateurs sont ruinés, le prix d’un bulbe s’effondrant pour s’établir au niveau de celui d’un oignon. Dans notre programmation de mai, la tulipe nous a servi d’exemple pour montrer aux visiteurs tous les objets singuliers de notre collection qui ont été employés comme monnaie dans le passé.

personnes jouant à un jeu

Les visiteurs ont fait de leur mieux pour se mettre à la place des consommateurs d’autrefois.

Dans le cadre de la visite « Fric excentrique », les visiteurs ont joué à une version historique de « The Price is Right » et tenté de deviner la valeur des objets exprimée en fèves ou en coquillages. De combien de fèves de cacao un ménage aztèque a-t-il besoin pour acheter un poulet? Moi non plus, je n’en sais rien! Voilà qui fut un défi amusant pour les visiteurs, qui ont appris que les formes de monnaie évoluent dans un contexte social. Dollar ou fève, la monnaie n’a de la valeur que si la société lui en accorde.

guide s’adressant à un groupe

Un de nos guides intrépides fait découvrir aux visiteurs des monnaies fort insolites.

mains tenant un objet

Donner des objets à toucher devient monnaie courante dans les musées modernes à mesure que ceux-ci s’adaptent aux nouvelles recherches sur les modes d’apprentissage.

Durant une visite de quarante minutes intitulée « Incroyable monnaie », nos guides ont présenté des objets vedettes de la collection qu’on peut mieux qualifier de curiosités numismatiques. Les visiteurs ont appris une foule de choses sur des objets – perles, sel, thé, coquillages et innombrables pièces de métal de toutes formes – ayant servi à réaliser des échanges, des achats et des investissements au cours des derniers millénaires. Le Musée possède des reproductions de certains de ces articles et les gens ont eu la chance de tenir et de toucher ces étranges objets.

femme donnant un atelier d’origami

Monique Martin donne des cours d’art depuis de nombreuses années. Elle offre des ateliers partout dans le monde, mais continue de pratiquer son art. Elle enseigne à temps plein à Saskatoon, en Saskatchewan.

Les visiteurs souhaitant poursuivre sur le thème des tulipes pouvaient se présenter à l’une des tables d’origami pour confectionner leur propre tulipe en papier. Monique Martin, l’artiste vedette du Festival canadien des tulipes, a donné un mini atelier sur les fleurs en origami. Plein d’enfants (et d’adultes) s’en sont retournés avec une tulipe en papier qu’ils avaient eux-mêmes fabriquée, un souvenir de leur visite et peut-être de leur expérience du Festival.

fleur en papier

Bien sûr, notre papier d’origami ressemble à des billets de banque.