Mois de la prévention de la fraude au Musée

Le Mois de la prévention de la fraude est une campagne publique de sensibilisation organisée par le Bureau de la concurrence. La Banque du Canada s’intéresse de près à la prévention de la fraude, car les mesures de prévention se trouvent au cœur même de la conception des billets de banque. Oui, je parle de la contrefaçon, un sujet toujours prisé dans les musées d’économie ou de la monnaie.

vieux billet contrefait

Billet contrefait de la série de 1937. Notez le mot « spurious » (faux) qu’on y a griffonné, soit le terme juridique qualifiant un billet frauduleux.

Comme le Mois de la prévention de la fraude coïncide avec les semaines de relâche des conseils scolaires francophones et anglophones, notre équipe des services aux visiteurs a concocté un programme familial amusant et informatif. Le thème de la contrefaçon s’est imposé naturellement à l’équipe et a été source de récits passionnants. Notre conservateur, David Bergeron, a narré les meilleurs, dans les deux langues officielles.

homme s’adressant à un groupe

Le conservateur, David Bergeron, se laisse entraîner par son sujet durant la visite sur la contrefaçon.

homme s’adressant à des visiteurs du Musée

Comme la place est limitée sur les panneaux du Musée. David se sert d’une tablette pour conter plus en détail l’histoire de la contrefaçon et montrer des images d’objets de la collection.

David a amené les visiteurs à la découverte de l’histoire de la contrefaçon et leur a raconté un éventail d’objets de diverses époques, depuis la Grèce antique jusqu’à aujourd’hui, en passant par les premiers temps de l’histoire du Canada. Il a parlé des faussaires qui altéraient la valeur nominale des billets ou allaient jusqu’à rogner une infime quantité du métal précieux dont était fait les pièces, puis enchaîné en décrivant les châtiments singuliers que les gouvernements infligeaient aux personnes qui avaient l’audace de contrefaire leur monnaie. La visite se terminait par l’examen de tous les éléments de sécurité des billets qu’on utilise au quotidien.

people standing around a table

L’équipe de la Monnaie, formée de Suzette Argo et du caporal John McMath, s’occupe de la table consacrée à la contrefaçon, bourdonnante d’activité

femme s’adressant à un groupe

Suzette tient une version « préproduction » du nouveau billet de 10 $ et raconte comment Viola Desmond s’est retrouvée sur la monnaie canadienne.

Durant la relâche anglophone, le département de la Monnaie de la Banque a fait équipe avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour donner aux visiteurs la chance de manipuler de faux billets modernes. À première vue, on les croirait identiques aux coupures dans nos portefeuilles, mais, en y regardant de plus près, on note de curieux détails. Dès le toucher, la texture peut trahir les billets contrefaits, car la plupart d’entre eux sont entièrement lisses et exempts d’encre en relief. La bande transparente peut aussi être révélatrice. Les images à reflets métalliques qui y sont imprimées sont extrêmement difficiles à reproduire. Les faussaires découpent donc la bande d’un billet de 5 $ et la greffent à leur propre version d’une grosse coupure. Si la bande transparente d’une coupure de 20 $ est ornée du portrait de sir Wilfrid Laurier, c’est qu’il s’agit d’un faux billet.

faux billet de 20 $

Il est fort improbable que les faux billets en circulation portent cette marque.

Le caporal John McMath, de la Section des délits commerciaux RGT de la GRC, s’est joint à des spécialistes de la Banque pour répondre aux centaines de questions posées par les visiteurs intéressés au kiosque sur la contrefaçon. Le caporal McMath était aussi enthousiaste que bien informé. Le kiosque a aussi fourni l’occasion de montrer le nouveau billet de 10 $, et les gens ont pu examiner et toucher des versions dites de « préproduction » de cette coupure importante.

femme s’adressant à un groupe

L’une de nos guides chevronnés, Alexa Lapierre, entame son monologue d’une demi-heure sans l’aide de notes!

femme s’adressant à un groupe de visiteurs du Musée

Ce groupe, particulièrement bien informé, a posé à Alexa des questions pointues sur plusieurs aspects de la monnaie électronique.

Durant le mois, nos guides ont aussi proposé une visite d’une demi-heure de l’exposition temporaire La monnaie électronique déchiffrée. Les technologies sur lesquelles se fondent les systèmes de paiement électronique et de monnaie numérique sont inextricablement liées aux impératifs de sécurité.

La semaine de relâche et le Mois de la prévention de la fraude ont formé un duo de choc cette année. Près de 700 visiteurs se sont arrêtés au kiosque pour se renseigner sur la contrefaçon et 250 personnes ont pris part aux visites. En tout et pour tout, plus de 3 300 visiteurs ont foulé le parquet du Musée durant la relâche, et nous n’avons même pas offert de chocolats chauds gratis!