Novembre 2016, Mississauga (Ontario)

La tournée de promotion des expositions itinérantes du Musée de la Banque du Canada a fait son dernier arrêt pour cette année au congrès de l’Association des musées de l’Ontario (AMO) à Mississauga, en Ontario. L’événement se tenait à l’hôtel Novotel de l’endroit, en face des voluptueusement bien nommées tours d’habitation Marilyn Monroe, les immeubles les plus remarquables des environs.

Les tours Marilyn Monroe, qui caractérisent maintenant l’horizon de Mississauga.

J’ai assisté à beaucoup de congrès de l’AMO depuis que j’ai obtenu mon diplôme du programme de muséologie de l’Association il y a 20 ans, comme me l’a fait remarquer un fidèle confrère également présent qui travaille maintenant au ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport de l’Ontario. Comme l’apprentissage fait partie du mandat de l’AMO, des étudiants du programme de gestion muséale et de conservation du collège Sir Sandford Fleming ont été invités, de même que des étudiants terminant le programme de l’AMO.

Le stand du Musée de la Banque du Canada était situé près de la porte avant, nous pouvions donc faire la promotion de notre plus récente exposition, La monnaie électronique déchiffrée, en attirant l’attention des délégués qui entraient et qui sortaient. Mais nous avons nous-mêmes alimenté le va-et-vient en distribuant des stylos remplis d’argent déchiqueté. Et lorsque nous expliquions que cet argent était en fait des billets de 100 $, nous captions vraiment l’attention des visiteurs. Ce phénomène soulève un point intéressant. Nous faisons actuellement la promotion de notre plus récente exposition itinérante, La monnaie électronique déchiffrée, qui explique comment l’argent devient de plus en plus virtuel. La plupart des gens manipulent rarement des billets de 100 $. Les visiteurs étaient stupéfaits à l’idée de tout cet argent réduit en charpie. Pourtant, la plupart d’entre nous n’y réfléchissent pas à deux fois lorsque nous sortons une carte pour payer des achats qui coûtent bien souvent beaucoup plus que 100 $.


L’allure de notre nouvelle exposition La monnaie électronique déchiffrée est très techno.



Notre auteure à son poste pour donner des stylos remplis d’argent, de l’argent déchiqueté, mais quand même.


Le congrès de cette année s’articulait autour du thème du développement de communautés dynamiques et engagées, une perspective tout à fait appropriée puisque les musées s’intéressent de plus en plus à l’expérience du visiteur. Étant donné que le niveau de financement de ces institutions est généralement proportionnel à leurs statistiques de fréquentation, bon nombre d’établissements subissent de plus en plus de pression en vue de générer des recettes. La génération Y est désormais le principal marché cible, et il y a beaucoup d’autres activités qui attirent son attention.

J’ai profité de ma présence au congrès pour assister à une présentation d’un des conférenciers de la séance plénière, Frank Vagnone, coauteur de l’ouvrage provocateur The Anarchist’s Guide to Historic House Museums. Ce livre est récemment devenu un succès au sein de la communauté des musées. Son approche radicale, née de ses travaux et de ses recherches approfondis dans le domaine, l’a amené à juger que bon nombre de musées sont devenus trop « professionnalisés ». Ces derniers s’attachent trop à appliquer à la lettre les pratiques exemplaires en matière de préservation et de conservation, ont des mandats trop limités et perdent du galon comme lieu d’apprentissage. Ils ne stimulent plus autant l’intérêt du public plus jeune, qui est attiré par le caractère plus interactif des musées temporaires ou soutenus par du financement participatif ou par les médias sociaux. Il y a des exceptions, bien entendu, et M. Vagnone tient un bilan dynamique des initiatives à l’échelle du globe qui suscitent l’intérêt de publics nouveaux et diversifiés, mettent en valeur des récits inédits, représentent des minorités et présentent d’autres points de vue sur l’histoire.

Le nouveau Musée de la Banque du Canada connaîtra un départ fulgurant grâce à ses éléments interactifs et à son mode d’interprétation à la fine pointe.

Dans un esprit d’innovation et de renouvellement, il est nécessaire, bien que parfois pénible, de remettre en question le statu quo. Le nouveau Musée de la Banque du Canada qui ouvrira ses portes l’été prochain sera très différent de l’ancien Musée de la monnaie. Notre marché cible principal, les 15 à 25 ans, nous gardera sur le qui-vive. Il nous faudra surveiller et évaluer l’utilisation de nos éléments interactifs et nous efforcer de toujours réagir rapidement et de rester pertinents dans un environnement en constante évolution.