Halifax, 2016 – Deuxième partie

Deuxième partie des aventures de l’auteur au congrès national de l’Association des musées canadiens de 2016, dans laquelle il assiste à des exposés, apprend des erreurs des autres, mange beaucoup de fruits de mer et voit ce que la météo peut vous réserver dans les Maritimes.

statue d’un homme avec transmetteur d’ordres

Samuel Cunard, enfant d’Halifax et grand ponte des bateaux à vapeur, est posté près du port, d’où il regarde au loin vers le siège de la Nova Scotia Power.

La deuxième journée était entièrement consacrée aux exposés. Les congrès comptent toujours quelques conférenciers d’honneur, et à celui de l’AMC, les interventions de la plupart d’entre eux étaient concentrées en une seule journée. Se sont démarqués le toujours aussi volubile George Elliott Clarke, poète officiel du Parlement, la très comique (elle a ri autant que nous) Laura Penny, commentatrice sociale, et Alex Benay, président-directeur général de la Société des musées de sciences et technologies du Canada. Le conférencier le plus passionnant était probablement Wade Davis, auteur, explorateur, réalisateur et anthropologue. Il n’a pratiquement rien dit sur les musées, mais la présentation de son livre Les soldats de l’Everest : Mallory, la Grande Guerre et la conquête de l’Himalaya était absolument fascinante. J’en ai acheté un exemplaire dès mon retour à la maison. Malgré tout, je dois avouer qu’une journée complète de conférences, ce n’est pas de tout repos.


homme prononçant un discours sur un podium

On a retenu les services d’un interprète simultané pour le discours de monsieur George Elliot Clarke. J’ignore comment il est parvenu à suivre.


carte de visite de George Elliot Clarke

Qui l’eût cru? La carte de visite du poète officiel. Oui, j’ai bien supprimé les coordonnées.



foule étirant les bras

Une pause-yoga pour alléger une journée d’exposés.


Tandis qu’à l’extérieur le soleil printanier dardait ses rayons sur la côte, nous avons eu droit, la troisième journée, à un marathon condensé de petits exposés sur différents sujets allant du montage d’expositions au contenu généré par les utilisateurs, en passant par l’apport d’Internet et un merveilleux programme, Ignite! – bref, une série de présentations en rafales de cinq minutes portant sur divers projets muséaux. Ce genre de journée constitue le cœur du congrès : des expériences concrètes d’employés de musées qui, comme nous, sont confrontés à des problèmes qui exigent des solutions adaptées. La présentation la plus intéressante s’intitulait Even More Learning from our Mistakes, de l’exubérant Dr Xerxes Mazda, de National Museums Scotland. Dans une atmosphère joyeuse et solidaire, les participants y étaient invités à mettre en commun leurs bévues, gaffes et désastres les plus embarrassants. L’exercice nous a permis à tous d’apprendre des erreurs des autres, mais il nous a surtout énormément aidés à prendre conscience que personne n’est parfait, et que ces impairs sont des maux nécessaires pour mener à bien tout projet muséal.


visiteurs d’un congrès

Échanges animés au salon professionnel.


femme avec lunettes de réalité virtuelle agitant les bras

Conduite d’un train à vapeur virtuel au kiosque de réalité virtuelle du salon.



homme debout avec lunettes de réalité virtuelle

De toute évidence, on patiente à un arrêt de bus virtuel au kiosque de réalité virtuelle du salon.


Ce soir-là, à l’occasion d’une activité qui s’est révélée pour le moins animée, le comité organisateur d’Halifax a officiellement passé le flambeau à celui d’Ottawa pour le congrès de l’AMC de l’an prochain. Notre estimé directeur, Ken Ross, co-officiait la transmission des pouvoirs sur scène. Tout le monde a participé à une activité brise-glace : on nous remettait la moitié d’une carte postale, et il fallait ensuite trouver qui détenait l’autre partie. Les « ottinis » gratuits (un cocktail fruité à base de vodka) ont soulevé l’enthousiasme des participants, et Ken a eu bien de la difficulté à interrompre le tumulte causé par des dizaines de représentants de musées loquaces qui s’agitent des morceaux de carte postale au visage. Il y avait même des queues de castor gratuites pour tout le monde! Finalement, nous nous sommes suffisamment calmés pour passer aux activités officielles. Peu de temps après, c’était l’heure du banquet de clôture, où nous nous sommes régalés d’un délicieux repas de fruits de mer et avons écouté quelques discours avant d’aller danser au son d’un groupe local délirant. Je dois avouer qu’une piste de danse remplie de conservateurs et de coordonnateurs des services aux visiteurs d’âge mûr est une vision bien moins embarrassante que ce que vos préjugés vous laissent peut-être imaginer.


cocktails rouges avec mûres

Des « ottinis » (des martinis personnalisés pour souligner la tenue du congrès de l’AMC à Ottawa l’an prochain).



danseurs

Des coordonnateurs de recherche, des historiens et des responsables de l’interprétation se déchaînent sur la piste de danse.


À mon réveil, le lendemain : un tapis de neige mouillée! Sans réfléchir, j’ai décidé de m’en tenir à mon plan et de prendre le bus vers l’aéroport, plus économique. Par une belle journée, c’est une agréable ballade. Mais lorsque la température oscille autour de zéro, qu’il tombe une neige fondante et que hurle le vent du nord, le trajet jusqu’à l’arrêt se transforme en une lutte acharnée tout en endurance et en pantalons mouillés. J’y ai laissé mon parapluie bon marché et une bonne dose de dignité, mais je suis arrivé à l’aérogare enneigée à l’heure.

passerelle couverte de gadoue

Vue déprimante à l’aérogare d’Halifax – le 15 avril!

J’espère que vous serez tous des nôtres dans la capitale l’an prochain pour le congrès national de l’Association des musées canadiens de 2017. Je suis sûr que ce sera un congrès formidable, mais pour ce qui est de la neige, je ne promets rien.