Ma tournée des banques centrales européennes

Plaque de rue parisienne

Aucune trace de monnaie sur cette rue. Notre blogue-trotteuse y voyait pourtant un heureux présage…

Je me trouvais à Paris depuis à peine dix minutes quand j’ai croisé une artère nommée… rue de la Monnaie! J’ai cru y voir un bon présage, moi qui m’apprêtais à partir à la recherche de billets et de pièces rares sur le vieux continent (il faut dire que j’ai pris goût à la numismatique à force de traduire dans le domaine). Ma quête allait se révéler plus difficile que prévu... Alors que la Banque du Canada possède son propre musée et veille sur la Collection nationale de monnaies depuis plus de 30 ans, la Banque de France n’inaugurera que l’été prochain sa Cité de l’Économie et de la Monnaie. Je suis donc arrivée un an trop tôt pour voir de mes propres yeux ce grand projet qui semble des plus prometteurs. Je suppose que je vais devoir me planifier des vacances en Europe dans un avenir rapproché (j’ai déjà hâte!). Une autre option aurait été de visiter la Monnaie de Paris, l’équivalent de notre Monnaie royale canadienne. Comble de malchance, l’édifice était en rénovation. Au bout du compte, je ne suis parvenue à mes fins qu’à ma toute dernière journée à Paris, et ce, grâce à une sympathique collègue qui m’a mentionné que la Bibliothèque nationale de France possédait une impressionnante collection de monnaies, y compris des couteaux, des coquillages et des pièces antiques, dont un échantillon était présenté… à deux coins de rue de mon bureau. Mission (finalement) accomplie!

Édifice ancien et canal

La Monnaie de Paris, en rénovation. (photo: Wikimedia, PHGcom)

Après mes deux semaines de travail à la Banque de France, j’ai passé quelques jours de vacances en Europe. À Bruxelles, j’ai visité le Centre Belge de la Bande Dessinée, qui s’est révélé tout aussi instructif que divertissant. Ayant traduit de nombreux textes sur la philatélie pour notre exposition itinérante La gravure: un art à découvrir, j’ai été tout simplement fascinée lorsque j’ai aperçu un présentoir rempli de timbres belges à l’effigie de personnages de Tintin. J’ai trouvé particulièrement intéressant de voir à quel point la bédé occupe une place importante dans l’identité nationale de la Belgique... Ça change des castors et du hockey!

Des présentoirs cylindriques transparents

Billets exposés dans les présentoirs du Musée temporaire de la Banque nationale de Belgique.

C’est aussi à Bruxelles que se trouve le siège de la Banque nationale de Belgique qui, comme le nôtre, subit une cure de rajeunissement en ce moment. Cependant, j’ai tout de même pu visiter (gratuitement) le musée temporaire de l’institution. J’y ai vu bien des objets familiers : un banc fait de billets recyclés, une pierre de Yap, une gigantesque coupure de 500 euros composée d’anciens billets (vous vous rappelez notre mosaïque de sous noirs?), et même une peau de castor! De plus, des enjeux économiques et financiers, comme la politique monétaire et les modes de paiement, y sont abordés. La plupart des panneaux comportent des explications en français, en néerlandais et en anglais : je serais curieuse de savoir comment ils s’y prennent pour traduire leurs textes! J’ai beaucoup aimé le coin consacré à l’inflation, qui illustre l’évolution des prix au moyen de biens de consommation concrets, mais le clou de ma visite a été, et de loin, la machine qui imprime le portrait des visiteurs sur des billets factices de toutes les couleurs. J’ai également trouvé fort ingénieux le mobilier thématique ainsi que la façon de présenter l’information et les artéfacts. Bref, les idées géniales foisonnent dans ce musée!

Pierre ronde

La pierre de Yap de la Banque du Canada est beaucoup plus grosse que celle de la Banque nationale de Belgique!

Nourriture présentée sur des tables, avec explications

La Banque nationale de Belgique illustre de façon concrète les effets de l’inflation au moyen de biens de consommation courants.

Puisque mon vol de retour partait de Francfort, j’en ai profité pour faire un saut du côté de la Banque centrale européenne. Malheureusement pour moi, elle était fermée ce jour-là, un dimanche. Dommage, j’aurais aimé faire un peu de lèche-vitrines dans sa boutique, qui semblait bien garnie. Je me suis consolée en photographiant un gigantesque symbole de l’euro.

Gros billet de banque

De vieux billets de banque ont été agencés pour créer une grande mosaïque en forme de coupure de 500 euros.

Billet de banque factice

Notre blogueuse et sa sœur ont créé des billets de banque à leur effigie grâce à une amusante station interactive du Musée de la Banque nationale de Belgique.

Pour éviter de vous rendre trop jaloux, je ne décrirai pas ici tous les autres délicieux endroits où je suis passée, comme le Musée des Brasseurs Belges de Bruxelles, ou encore les musées du chocolat, du parfum et de la moutarde que l’on peut visiter à Cologne. Dans tous les cas, des échantillons étaient offerts et, évidemment, fort bienvenus.

En plus de l’expérience unique que j’ai retirée de mon séjour à la Banque de France, j’ai trouvé vraiment fantastique de pouvoir découvrir autant de musées différents et de voir ce qu’une institution semblable à la nôtre avait choisi de présenter au public, tant du côté de la numismatique que des concepts économiques et financiers. De retour au Canada, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai raconté mon voyage à mes collègues, de même qu’à vous, chers lecteurs, par le canal de ce blogue des plus dynamiques. En guise de conclusion, je vous laisse sur une devinette : le texte que vous venez de lire est-il un original ou une traduction?