Notre envoyée spéciale se rend à Washington

par Alida Cupillari, chargée de projet

Ce n’était pas la première fois que j’allais à Washington. Toutefois, je n’avais encore jamais remarqué à quel point cette ville est une véritable mecque pour les professionnels de la muséologie. J’y ai assisté à un atelier sur la conception d’expositions et d’expériences, donné par la Society for Experiential Graphic Design (SEGD). Les créateurs des meilleures expositions de la capitale américaine s’étaient donné rendez-vous afin de discuter, entre autres choses, de l’utilisation des technologies. J’ai été rassurée d’entendre que les principales sources de préoccupation du Musée de la Banque du Canada sont largement répandues. Plusieurs aspects des technologies immersives et interactives ont été explorés tout au long de l’atelier, notamment lors d’un panel avec modérateur.

Les intervenants ont abordé avec beaucoup de franchise le désir généralisé d’intégrer des médias sophistiqués dans leur musée respectif, ainsi que les considérations liées au budget et à l’entretien. Tous s’entendaient pour dire que si un musée souhaite faire une certaine acquisition, il doit prévoir du temps pour évaluer le produit et réaliser de multiples essais, sans quoi le projet risque d’échouer ou, à tout le moins, de prendre du retard.

Plusieurs membres de la Smithsonian Institution étaient présents, et ils ont répondu à de nombreuses questions sur leurs pratiques exemplaires. Interrogée sur la réduction des risques, la chargée de projet du National Museum of Natural History a lancé à la blague qu’elle évitait autant que possible de se retrouver à la fine pointe de l’innovation. Au moment d’évaluer les nouveautés interactives qu’on lui propose, elle demande toujours à quel endroit elles sont déjà en usage. Elle exige des témoignages authentiques, des histoires de succès et des budgets existants pour ce qui est de la mise en place et de l’entretien. De son propre aveu, « il n’y a rien de pire que de se promener dans une exposition flambant neuve et d’entendre un jeune déclarer : “Ça ne m’intéresse pas tellement, le graphisme est nul.” Voilà de quoi ruiner une journée! »

musée

National Museum of American History

musée

International Spy Museum

musée

National Museum of American History

Tous les participants étaient d’accord pour dire que rien ne vaut les objets tangibles. Un membre de l’auditoire a avoué qu’il préférait économiser sur l’électronique et plutôt embaucher un employé en chair et en os pour entrer en interaction avec les visiteurs. De leur côté, les partisans de la technologie étaient d’avis que, de nos jours, une exposition permanente doit au moins être modifiable et renouvelable à 50 %. « Si vous voulez que les gens de votre région reviennent, vous devez prévoir des façons de varier votre programme. »

Au fond, je crois que cette tension constante entre les deux approches, qui mène à une combinaison du multimédia et des objets réels, permet d’offrir les meilleurs résultats. Les débats lancés lors de l’atelier s’apparentaient bien souvent aux discussions que nous avons dans notre équipe, tandis que nous entamons la planification de notre nouveau musée, où une grande place sera accordée tant à l’interactivité qu’aux artéfacts.