Notre pauvre restauratrice a été obligée de se rendre à San Francisco dans le cadre de ses fonctions…

Suspension bridge, ocean and hills

Cette année, l’American Institute of Conservation a tenu son congrès annuel à San Francisco. C’est celui qui, selon les organisateurs, a attiré le plus grand nombre de participants jusqu’à aujourd’hui. Au total, 1 255 conservateurs-restaurateurs et autres professionnels de musée du monde entier étaient rassemblés pour l’occasion. Le 42e congrès annuel avait pour thème les choix durables en matière de conservation.

De nombreuses activités (exposés, discussions de groupe, ateliers et communications par affiche) en lien avec le thème figuraient au programme du congrès. J’y allais avant tout pour me renseigner sur la préservation des collections, les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) ainsi que sur les recommandations les plus récentes en matière d’éclairage. L’exposé le plus intéressant, et de loin, a été donné par Kostas Ntanos, chef de la recherche et du développement en matière de conservation aux Archives nationales du Royaume-Uni. M. Ntanos et son équipe ont mené un projet sur diverses façons de maintenir un environnement de conservation durable pour la collection des Archives. Ils ont élaboré un modèle informatisé simulant la température de l’édifice, le taux d’humidité relative et la quantité d’énergie utilisée. Ils ont ainsi découvert qu’il était possible de réaliser des économies d’énergie d’environ 43 % tout en améliorant la qualité de l’environnement. Au final, ils ont mis le système CVC hors tension durant le week-end et fait des économies de 22 %, sans conséquence sur l’environnement de conservation. De plus, trois ans après le lancement du projet, l’objectif visant à réduire de 25 % les émissions de CO2 avant 2015 a été dépassé.

Malgré le programme chargé du congrès, j’ai pris le temps de visiter certains attraits touristiques de San Francisco. J’ai tout d’abord gravi l’escalier de bois (Filbert Steps) jusqu’à la tour Coit, qui offre une vue imprenable sur la ville. J’ai rapidement exploré l’intérieur de la tour pour y admirer les murales récemment restaurées. J’ai marché jusqu’au Fisherman’s Warf pour voir – ou plutôt entendre – les otaries. Et, bien entendu, je me suis rendue, à Ghirardelli Square (c’est un incontournable!) pour déguster de bons chocolats.

J’ai même eu la chance de visiter l’île d’Alcatraz – une première pour moi. Ce jour-là, il faisait un temps étrange, qui conférait une atmosphère sinistre à l’endroit. L’île, qui se trouve à l’intérieur d’un parc national, est bien gérée et entretenue et comprend des jardins magnifiques. Les dynamiques guides touristiques sont une véritable mine d’information sur le quotidien des gardiens de prison et des détenus. On peut également se balader à sa guise en écoutant l’audioguide. Mais il faut être prudent lorsqu’on pénètre dans une cellule pour ne pas y rester enfermé!

Je félicite le comité organisateur qui a, encore une fois, fait un excellent travail. De plus, une annonce officielle a été faite concernant le congrès de 2016. L’American Institute of Conservation tiendra son congrès annuel en même temps que celui de l’Association canadienne pour la conservation et la restauration, à Montréal. J’ai vraiment hâte d’en connaître le thème!