Souvenirs de Seattle

Vue de la ville de Seattle

Panorama de Seattle et le mont Ranier. (photo: Daniel Schwen)

L’American Alliance of Museums défend les intérêts des musées américains depuis 1906. Tous les ans, elle tient un gigantesque congrès-exposition dans une grande ville des États-Unis. C’est ainsi que cette année, Seattle, dans l’État de Washington, a accueilli 268 exposants et des centaines de conférenciers prêts à nous entretenir de tous les sujets et services rattachés de près ou de loin aux musées, aux zoos et aux centres culturels. Nous étions bien représentés puisque le tiers de notre équipe de conservateurs et pas moins de la moitié de notre équipe de graphistes étaient de la partie... C’est-à-dire que Matt Paquette, graphiste, et Raewyn Passmore, conservatrice adjointe, (nous ne sommes pas très nombreux!) se sont rendus au congrès pour nouer des liens, élargir leurs horizons et découvrir des technologies très intéressantes. Matt nous livre ses cinq coups de cœur.

Tout est dans l'organisation!

Dans l’ensemble, la manifestation était très bien organisée. Côté logistique, préparer un congrès-exposition multi-sites de quatre jours, proposant à des milliers de visiteurs 150 séances animées par des centaines de conférenciers est dans le meilleur des cas un casse-tête. Pourtant, je n’ai jamais eu de mal à trouver la bonne salle ou à m’y rendre à temps. Un des facteurs qui m’a ÉNORMÉMENT facilité la vie a été une application mise à notre disposition, compatible avec les systèmes Android et iOS, qui permettait de consulter des renseignements sur les orateurs et les activités, de même que des plans, des horaires et plus encore. Au bout du compte, ce grand rassemblement qui aurait pu donner lieu à bien des cafouillages s’est révélé très agréable.

Des expositions « Pop »!

En tant que graphiste plongé depuis peu dans l’univers de la muséologie, j’ai été content de constater que bon nombre de séances étaient résolument axées sur les musées, mais présentées de manière très accessible. Ainsi, j’ai eu beaucoup de plaisir à participer à celle sur la pop culture, qui traitait généralement des moyens d’incorporer des composantes de ce mouvement dans les expositions des musées afin d’attirer de nouveaux visiteurs. Comme je suis moi-même un grand adepte de la pop culture, j’ai trouvé rafraîchissant de voir comment certains sujets parfois arides peuvent être présentés de façon à intéresser une clientèle différente.

En avant, marche!


Matt à Tacoma Union Station avec un ami.

Matt à Tacoma Union Station avec un ami.

Vous pouvez imaginer qu’après ces « dures » journées passées à apprendre des tas de choses, les activités sociales proposées en soirée (même si elles restaient très instructives) avaient la cote! J’ai pris part à deux d’entre elles : une « tournée des musées » à Tacoma, qui consistait à visiter six musées en une soirée, et une nuit au musée d’art de Seattle. La tournée était absolument inoubliable : du génie à l’état pur. J’avais déjà participé à quelque chose de semblable dans le quartier de la Petite Italie à Ottawa, sauf qu’il s’agissait alors de restaurants et non de musées. Chaque établissement nous en a mis plein la vue (et l’ouïe!) : nous avons même eu droit à des spectacles donnés par des musiciens sur place. Des six établissements au programme, tous situés à distance de marche, nous n’avons pu visiter que la moitié. Nous nous sommes d’abord arrêtés au musée d’art de Tacoma, puis à un musée consacré au travail du verre, et enfin au musée d’histoire de l’État de Washington. C’est le deuxième qui m’a le plus impressionné, particulièrement son « Hot shop », un atelier doté de trois fournaises et d’un auditorium où l’on pouvait observer les artisans à l’œuvre.

Expositions et voyages


Le Tacoma Museum of Glass

Le Tacoma Museum of Glass

Le mardi matin, j’ai eu la chance de participer au petit déjeuner de la NAME (National Association for Museum Exhibition). C’était une activité fantastique où j’ai pu réseauter, découvrir des expositions itinérantes exceptionnelles et entretenir des conversations très enrichissantes. C’était l’occasion rêvée d’échanger avec des gens qui participent à la conception d’expositions – le domaine dans lequel je travaille maintenant et qui m’enthousiasme. J’ai fait la connaissance de graphistes talentueux qui font un travail remarquable pour des expositions itinérantes. C’était certainement une activité que j’aimerais refaire.

On n'arrête pas le progrès!

À mes yeux, la « cerise sur le sundae » était sans aucun doute le volet exposition du congrès, avec sa kyrielle de vendeurs et d’exposants qui nous proposaient toutes sortes de produits. J’ai fait rapidement le tour, limitant mes haltes aux innovations que le geek en moi tenait absolument à découvrir. J’aurais facilement pu passer quatre heures à aller de kiosque en kiosque tant il y avait de choses à voir! Je m’en suis sorti en un peu plus de 120 minutes. Les écrans tactiles interactifs multipoints ont particulièrement capté mon attention. À mon humble avis, avec cette technologie révolutionnaire, nous pourrions faire des merveilles au Musée de la Banque du Canada...

Ce séjour s’est révélé tout aussi emballant qu’enrichissant; il valait bien quatorze heures de vol, quatre aéroports et une correspondance manquée… L’an prochain, le grand rassemblement de l’Alliance se tiendra à Atlanta, en Géorgie. Je vais de ce pas en parler à mon directeur!