Une belle excuse pour ne pas travailler et faire la fête, me direz-vous. Eh bien, détrompez-vous.

Paysage urbain et drapeaux.

Un colloque, c’est l’occasion de s’éloigner un peu du bureau, de retrouver des amis de longue date, de nouer de nouvelles amitiés, de faire la fête et de se divertir… Oui, mais c’est bien plus encore. Ma récente participation au Congrès annuel de l’Association des musées canadiens à Toronto en est la preuve éclatante. Cette réunion m’a démontré encore plus à quel point il est merveilleux et important de travailler dans un musée. Dans le discours d’ouverture, Robert Janes, Ph. D. et rédacteur en chef de la revue Museum Management and Curatorship, nous a exhortés à réfléchir sur l’importance de ce travail. Les musées s’évertuent à démontrer leur pertinence, mais sont en même temps bien placés pour devenir des centres d’apprentissage permanent susceptibles d’attirer des visiteurs de tous âges. Dans notre train-train quotidien, nous restons souvent indifférents aux nombreuses possibilités offertes dans ce monde en constante évolution. Robert Janes nous a également rappelé que peu de milieux de travail laissent une aussi grande place à la créativité et offrent autant d’occasions de réfléchir et de lancer des initiatives. Et des initiatives qui font bouger les choses.

Entrée principale d’un musée des beaux-arts.

Le Musée de la monnaie nous donne une chance unique d’innover, car nous pouvons sortir des sentiers battus pour tester toutes sortes d’idées. Organisé par le Musée des beaux-arts de l’Ontario, l’atelier préliminaire intitulé Interpretive Planning 101: Putting the Visitor at the Centre (« Notions de base sur la planification de l’interprétation : le visiteur aux premières loges ») s’est avéré utile pour comprendre comment les nouvelles idées se répercutent concrètement sur le musée. Après un tour d’horizon de la théorie, nous avons circulé tout l’après-midi dans les nouvelles et magnifiques salles d’exposition permanente. Nous avons eu le plaisir rare de jouer les critiques en cherchant où, comment et pourquoi apporter quelques améliorations. Celles-ci ne sont pas toujours hors de portée des bourses : une simple réparation suffit parfois, mais il vaut mieux la réussir du premier coup pour épargner temps et énergie. En analysant le travail d’un autre sous le double angle du visiteur et du spécialiste de musée, on parvient à l’objectivité, chose difficile à atteindre dans le vase clos de son institution.

Naturellement, nous nous sommes bien amusés. Nous avons découvert l’aire de jeux virtuels (le digiPLAYSPACE) dans le complexe TIFF Bell Lightbox (en anglais uniquement). Situé dans le nouvel espace investi par l’équipe du Festival international du film de Toronto, le digiPLAYSPACE est un lieu de divertissement pour toute la famille, qui propose des jeux numériques et interactifs ultramodernes, ainsi que des zones créatives impliquant des robots, l’impression 3D et le montage vidéo. Nous avons également visité, quoique trop rapidement, la nouvelle exposition vedette du Musée royal de l’Ontario : La Cité interdite : À la cour des empereurs de Chine. La soirée a ensuite laissé place à un bal masqué.

Je suis revenue au bureau gonflée à bloc, prête à retrousser mes manches et à reprendre les tâches redoutables, mais passionnantes qui m’attendent à l’heure où nous édifions, au mépris de tout danger, un nouveau musée pour les visiteurs de demain.