Quand les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne et à ses colonies le 18 juin 1812, le Canada se voit dans l’obligation de ravitailler les troupes mobilisées pour défendre ses frontières. Compte tenu de la pénurie d’espèces (pièces d’or et d’argent) dans le Bas-Canada, sir Georges Prévost, gouverneur de la province et commandant des forces britanniques, demande à l’Assemblée législative provinciale d’adopter une loi autorisant l’émission de billets de l’armée pour financer l’effort de guerre (approvisionnement en nourriture, en vêtements et en armes des soldats réguliers et miliciens). Le Bureau des Billets de l’Armée ouvre alors ses portes à Québec et met en circulation des billets de l’armée en grosses coupures portant intérêt et en petites coupures remboursables en espèces. Ces billets obtiennent un franc succès et par suite d’autres émissions, leur montant total atteint 3,44 millions de livres sterling au plus fort du conflit. Après la guerre, l’ordre est donné de retirer les billets en circulation, qui sont presque tous remboursés vers la fin de 1820. S’il est vrai que les billets de l’armée ont permis de pallier l’absence de moyen d’échange, leur remboursement immédiat a laissé les provinces dans la même situation difficile qu’auparavant, l’argent faisant toujours cruellement défaut.