Après avoir demandé à plusieurs reprises, en vain, l’obtention d’une charte autorisant l’ouverture d’une banque à Kingston, des commerçants de la région décident d’établir en 1819 une banque privée, la Banque du Haut-Canada. Tout comme les autres banques de l’époque, cette institution financière émet des billets, offre des services de change et accepte les dépôts. Elle connaît un succès immédiat : toutes ses actions trouvent preneur et le capital minimum nécessaire au lancement de ses activités est libéré en l’espace de quelques mois. Après seulement deux ou trois ans, elle doit toutefois fermer ses portes en raison des lacunes repérées dans ses pratiques comptables. Elle est déclarée illégale par les tribunaux et se retrouve dans l’obligation de vendre ses actifs. Elle est désignée sous le nom de « prétendue banque » dans les documents de procédure pour ne pas être confondue avec l’authentique Banque du Haut-Canada qui se trouve à York (l’actuelle ville de Toronto). Kingston devra encore attendre dix ans avant d’obtenir l’autorisation d’établir la Commercial Bank of the Midland District (en 1831), qui deviendra par la suite la Banque commerciale du Canada (en 1856), deuxième banque en importance du Haut-Canada, puis du Canada-Ouest jusqu’à sa faillite en 1863.