Même si la série précédente était toujours en cours de production, la Banque entamait déjà la planification de sa prochaine émission de billets. Les avancées technologiques, notamment les procédés d’impression en couleur de haute qualité, commençaient à rattraper les sociétés d’impression de documents fiduciaires. À partir du début des années 1980, les photocopieurs couleur constituaient une menace encore plus préoccupante. Les coupures de cette série étaient parmi les premières au monde à comporter une vignette de sûreté réfléchissante aux couleurs changeantes, qui visait à faire échec à l’usage des photocopieurs. Les billets étaient aussi dotés d’éléments internes qui permettaient aux personnes présentant un handicap visuel de les identifier à l’aide d’un appareil électronique. En outre, ils étaient pourvus de dessins et de chiffres surdimensionnés, plus faciles à voir. Cette série était la dernière à être ornée de « guillochis » traditionnels (sur les bandes et les chiffres du recto). Ceux-ci seraient remplacés par des microcaractères sophistiqués - lettres et motifs - ajoutés derrière les principales inscriptions.

On a choisi de représenter des oiseaux sur les billets en raison de la neutralité politique et de la simplicité visuelle de ce thème. Contrairement à ce qui se faisait généralement dans le domaine, où les dessins élaborés avaient la cote, on a déterminé qu’un graphisme épuré serait plus apte à prévenir la contrefaçon, puisque les imperfections seraient ainsi plus faciles à déceler. L’artiste-naturaliste John Crosby a été embauché pour créer les illustrations et superviser le travail des lithographes qui devaient reproduire ses œuvres. Les espèces aviaires retenues devaient se trouver dans toutes les régions du pays et se marier à la couleur dominante du billet.

Il s’agit de la première série à ne pas comporter de billet de 1 $ et de la dernière à inclure des coupures de 2 $ et de 1 000 $.