On commence à percevoir l’émergence d’une identité canadienne sur ces billets de banque, produits à peine deux ans après l’émission de la première série. La mort du roi George V, suivie de près par l’abdication de son fils, Édouard VIII, exige l’apport de quelques modifications rapides au graphisme de cette série. La Banque en profite pour apporter des changements déterminants. On réserve les portraits du roi aux coupures courantes et ceux de Laurier et de Macdonald aux grosses coupures. Précurseur du bilinguisme officiel, une loi adoptée par le gouvernement ordonne que les nouveaux billets de banque canadiens comportent des inscriptions en français et en anglais, ce qui appelle un changement de méthode typographique. Le déplacement de l’effigie au centre crée une symétrie facilitant l’inscription de texte dans les deux langues. En outre, on évite ainsi que le portrait du roi soit taché par l’encre sur les doigts des commis de banque qui manipulent les billets. Le graphisme des coupures de la série est désormais plus uniforme. De plus, des couleurs bien distinctes sont choisies pour chacune d’entre elles - une palette bien connue qui, avec certaines variantes, sera utilisée pour toutes les séries ultérieures.

Les images au verso des billets demeurent fondamentalement les mêmes que celles de la série de 1935, mais les couleurs et le positionnement des chiffres sont modifiés de manière à accroître l’uniformité de la série et à mieux distinguer les coupures les unes des autres. Comme la Banque doit agir rapidement après l’abdication du roi Édouard VIII, elle n’a pas beaucoup de latitude pour produire une série entièrement nouvelle. Toutefois, elle aurait amplement le temps de s’y mettre plus tard.