L’attraction phare du Musée est fin prête

Lorsque le Musée a ouvert ses portes en juillet dernier, l’un de ses éléments les plus impressionnants n’était pas pleinement fonctionnel. Et pourtant, les visiteurs n’en avaient pas la moindre idée. Je parle ici de l’écran géant de six mètres et demi de long. Bon, c’est vrai qu’on y projetait la superbe vidéo promotionnelle sur le billet de banque Canada 150, mais à voir les immenses possibilités de l’écran, ça revenait un peu à se servir d’un iPad comme d’un réveille-matin. Il faut savoir que l’écran est tactile et dispose de tout le potentiel de l’ordinateur, de la base de données ou du système de gestion de contenu qu’on lui associe. On peut le comparer à une gigantesque tablette numérique, la plus grande qu’il nous sera probablement donné de voir au Canada. Le roi des écrans tactiles permettra aux visiteurs de découvrir la Collection du Musée d’une façon tout à fait inédite. Il leur fera sans aucun doute pousser un « Hé! Je veux essayer ça, moi! »

écran géant affichant des images d’objets

Lorsque l’écran géant est en mode « rêve de collectionneurs », on peut voir en même temps la plupart des objets. Ils glissent lentement vers le haut pour laisser la place à d’autres.

On peut « faire parler » 400 objets jusqu’à présent : les visiteurs (du moins la plupart des moins de 50 ans) accèdent au contenu d’une manière simple et conviviale… Des images de dizaines d’objets recouvrent les 64 écrans DEL qui forment la surface du panneau. On touche un objet piquant sa curiosité, puis on en glisse l’image dans l’une des six zones d’affichage qui apparaissent lorsqu’on touche l’écran. Une description s’affiche alors et l’image s’anime. Grâce aux flèches, il est possible de voir l’objet sous toutes ses coutures et de lire le contenu associé. Comme on le ferait sur une tablette, on peut agrandir considérablement l’image pour examiner les infimes détails de l’objet. Représentés en trois dimensions, certains objets pivotent lentement sur eux-mêmes : on peut les tourner dans tous les sens comme si on les tenait vraiment dans les mains. Tout ce qui manque, c’est la sensation du toucher.

cercle pointillé affiché sur un écran

Lorsqu’on touche un objet, des zones d’affichage apparaissent. On peut alors y glisser l’objet.

image d’un billet de banque affichée en très gros plan sur un écran

Examinez les infimes détails du portrait de Sandy McTire.

main touchant à l’écran une image d’artéfact

On peut tourner les images d’objets tridimensionnels dans tous les sens et les agrandir, quelle que soit leur position.

On trouve, aux bornes numériques disséminées dans le Musée, de l’information au sujet de tous les objets affichés sur l’écran géant. Le grand avantage de l’écran par rapport aux bornes tient à la possibilité de naviguer parmi les objets de façon aléatoire. Un objet attire l’attention et éveille la curiosité? Pièce de monnaie, cochon‑tirelire ou chèque, qu’importe? On a tout le loisir de l’examiner! Naviguer au gré de sa fantaisie : voilà l’un des atouts majeurs de cet outil d’interprétation.

La première fois que nous avons évoqué l’idée d’un écran géant pour le Musée, c’était en 2014. À ce moment-là, nous ne savions pas vraiment comment les visiteurs accéderaient au contenu. Inspirés par le spectaculaire écran ArtLens du Cleveland Museum of Art, nous avions la conviction que pareil écran attirerait les visiteurs comme un aimant et représenterait une carte maîtresse de la Collection. Nos très créatifs concepteurs d’exposition se sont occupés de trouver des idées originales sur la navigation interactive pendant que de notre côté, nous avons travaillé sur le contenu.

déploiement d’un animal en origami – étape par étape – affiché sur un écran

Lorsqu’on touche l’une des bêtes en origami, elle se déplie pour laisser voir un billet de banque orné d’un animal.

Ce que nos concepteurs ont proposé, c’est une série de modes diffusés en boucle à l’écran. Au programme : une formule simple (qui permet de montrer presque tous les objets en même temps), puis plusieurs assemblages organisés par couleurs et par formes. Mais trois autres modes sont source de pur plaisir. D’abord, l’écran d’origami, où les billets de banque, en forme d’animaux, se déplient sous vos yeux. Ensuite, un mode où les visiteurs sont appelés à dépoussiérer des objets d’un gris morne pour en révéler les couleurs vives. Enfin, le mode « trésor » : quelques dizaines de pièces, comme des doublons et des pièces de huit, apparaissent à l’écran. On se dit qu’il s’agit seulement d’un thème, et hop! Les pièces tombent soudainement en tas au bas de l’écran : à nous de les remonter. On se rend alors compte qu’on peut les déplacer d’une zone à l’autre et même se les lancer entre visiteurs. Apprendre, c’est follement amusant!

pièces d’or affichées sur un grand écran

Trésor constitué de pièces de métal précieux – modernes et anciennes – qui tomberont en tas au bas de l’écran.

pièces d’or affichées sur un grand écran

Un visiteur a remonté une pièce provenant du trésor de pirates.

L’écran géant, c’est avant tout un outil de découverte polyvalent qui fait appel à des styles rares d’apprentissage cognitif. Il sollicite la participation du public, qui se voit proposer différentes manières d’approcher les objets de la Collection. Il pique la curiosité et révèle aux visiteurs des intérêts qu’ils ne soupçonnaient peut-être même pas. Il poursuit un objectif pédagogique, certes, mais ça ne l’empêche pas d’avoir aussi un côté ludique. Nous ferons des visiteurs de fins connaisseurs des pièces de monnaie. Qu’ils viennent donc explorer le Musée : le plaisir sera au rendez-vous!

personnes se tenant devant un écran géant

Six visiteurs, au maximum, peuvent manipuler l’écran en même temps.